Les JDC ont quitté “leur” usine (qui était également devenue celle de tous ceux qui les soutenaient) ce vendredi 8 juin.
Une action symbolique était prévue : le blocage du rond-point qui se trouve devant l’usine et l’entrée de la zone industrielle.
Il n’était pas question de provoquer des désordres importants (d’autres actions auraient pu, dans ce cas, être envisagées), mais simplement et symboliquement de faire une action à l’endroit même où tout avait commencé et de la même manière.
Les forces de l’ordre, qui étaient averties et qui étaient présentes, n’ont apparemment pas su arrêter une voiture qui a forcé le barrage, ce qui a provoqué des incidents graves qui auraient pu l’être encore plus.
On peut s’étonner que cette même police a su arrêter les salariés de JDC et de Gate Gourmet lorsqu’ils souhaitaient aller renconter un certain Nicolas Sarkozy à Meaux :
dans un cas on arrête – avec une efficacité implacable – des dizaines de salariés qui – collectivement – veulent se faire entendre et faire reconnaître leurs droits,
dans l’autre on laisse passer – avec une efficacité implacable – un individu qui veut passer à tout prix avec le danger que cela représente pour lui-même et pour les autres.
Cela porte un nom : le “deux poids-deux mesures”.
En principe la police existe pour assurer la sécurité de tous, des ouvriers aussi qui ont le droit de manifester et de s’exprimer.
Elle est la police de tous, de nous tous.
Ce sont les impôts de tous qui lui permettent d’exister – et elle serait, malgré tout, à la solde de certains ?
C’est une vraie question, aussi vraie que les faits qui se sont déroulés et qui sont relatés dans un article du Parisien.
Pour en savoir plus sur ce qui s’est passé le 13 avril cliquez sur ce lien…
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LES EX-SALARIÉS de l’imprimerie JDC de Torcy qui occupaient leur usine depuis le 5 mars, date de la liquidation de leur société, avaient prévu hier de se retirer dignement, dans le calme, mais les événements en ont décidé autrement.

Un affrontement avec un automobiliste a mis le feu aux poudres.
Résultat : 15 personnes gazées par la police et deux autres blessées lors d’affrontements, dont le conducteur qui a tenté de forcer le barrage dressé par les manifestants.
14 h 54 : les licenciés touchent leur chèque. Moment difficile pour les 167 travailleurs qui viennent un par un toucher leur chèque départ à la guérite d’entrée. Au total, Québécor a consenti un effort de 3,5 millions d’euros. En retour, ils acceptent de libérer leur usine. Commissaire-priseur, liquidateur et représentant des salariés ont constaté que les lieux étaient en état. L’inamovible vice-président PCF du conseil régional d’Ile-de-France, Daniel Brunel, actif depuis le premier jour, est venu.

15 h 55 : sortie symbolique de l’usine. « On est tristes que l’histoire s’achève, mais fiers d’avoir résisté pendant quatre-vingt-quinze jours », souligne Jean-Paul Brinon, délégué CGT de JDC. Les JDC franchissent alors pour la dernière fois le seuil de leur usine la gorge serrée et s’apprêtent à bloquer le rond-point voisin. Pétards, fumigènes, sirènes, les JDC veulent terminer leur combat de la même manière qu’ils l’ont commencé.

16 h 7 : un automobiliste force le barrage. Une Opel Corsa tente de forcer le barrage formé par les manifestants pour entrer dans la rue des Epinettes, qui conduit à la zone d’activités. Les manifestants bloquent le véhicule. Mais son conducteur serait sorti avec un tournevis. « Je l’ai ceinturé, assure Patrice, un manifestant, mais il essayait quand même de me planter avec son outil. » Déchaînés, certains de ses copains retournent alors l’Opel Corsa. La police utilise des gaz lacrymogènes pour ramener l’ordre.

16 h 14 : les pompiers dénombrent 15 personnes gazées. Une quinzaine de personnes ont été touchées aux yeux par les gaz lacrymogènes de la police. L’un des manifestants est étendu par terre. Il ne peut plus ouvrir les paupières. C’est à ce moment que Jacqueline Poilve, la secrétaire de l’union locale CGT de Pontault, tombe et perd connaissance. « Ça me brûle de partout ! » gémit-elle en revenant à elle et en montrant ses vêtements collés par le gaz lacrymogène. Elle sera conduite à l’hôpital par les pompiers. Le conducteur irascible a été interpellé par les forces de l’ordre.

16 h 41 : une seconde bagarre éclate. Alors que les manifestants s’apprêtent à se disperser, les policiers interpellent l’un des leurs accusé par le conducteur d’une Renault 21 d’avoir enfoncé sa portière. L’interpellation est mouvementée. Emus, les JDC décident de réoccuper leur usine si leur copain n’est pas libéré. Finalement, il ne partira pas en garde à vue mais à l’hôpital, ayant été blessé pendant la bagarre. Il sera convoqué la semaine prochaine. Les JDC décident alors de quitter l’usine.
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